Mirror of the Witch 마녀보감

Publié par Nikilann  
relu et corrigé par Han Ga In

L’histoire

Heo Jun (Yoon Shi Yoon) est traité comme un moins que rien. Fils d’un noble et d’une esclave, il est capable de tout pour obtenir de l’argent. Il accepte donc le pari humiliant de son demi-frère et décide de braver les contes et légendes qui entourent la forêt. Il doit décrocher le cerf volant que l’on aperçoit du village. A mesure qu’il progresse dans les bois, Heo Jun est forcé de réaliser que la magie existe. Terrifié, il atteint néanmoins le cerf-volant, accroché près d’une maison qui semble complètement abandonnée. 

Il rencontre alors Yoon Hee (Kim Sae Ron), une jeune fille pleine de mystères… 


mirror_of_the_witch

La fiche

Période de diffusion 13 mai – 16 juillet 2016
Episodes 20 (60 min)
Genre Romance, Fantastique, Fusion Sageuk, Historique, Magie, Action

Casting
Yoon Shi Yoon dans le rôle de Heo Jun
Kim Sae Ron dans le rôle de Yoon Hee
Kwak Si Yang dans le rôle de Poong Yeon
Yum Jung Ah dans le rôle de Hong Joo
Lee Sung Jae dans le rôle de Choi Hyun Seo


La note

9,5/10


L’avis

Wouahou.

Quel univers ! Mirror of the Witch entre au très très petit Panthéon des dramas qui ne se sont pas plantés du début à la fin.

Pour un premier drama, le scénariste Yang Hyuk-Moon met la barre extrêmement haut. Il a le talent d’écrire de courtes scènes qui donnent intelligemment de la profondeur aux personnages. Du petit caméo présent pendant un épisode aux seconds rôles plus présents, chacun a eu son moment. Tout est suggéré parfaitement, dans une seule ligne de dialogue parfois.

La finesse de Mirror of the Witch m’a impressionnée, surtout dans le conflit entre bien et mal, magie noire et magie blanche. Je suis une mordue de magie depuis ma découverte à 7 ans avec Harry Potter et je déplore souvent à quel point, sous prétexte qu’on parle de magie, il n’y a aucune mythologie solide autour d’elle. Dans le drama, ce n’est jamais le cas. Même alors qu’on découvre les règles, tout semble mu par la cohérence. L’univers est tellement bien réfléchi qu’on s’y retrouve comme un poisson dans l’eau.

Les premières scènes avec le tigre géant, les talismans résonnent encore dans ma tête. On perd un peu de cet aspect grandiose avec les épisodes suivants, mais je me souviens de mon émerveillement. Le tout avec des effets spéciaux très simples mais toujours très réussis. Je tire mon chapeau au réalisateur qui a fait un boulot formidable (et a l’air d’avoir une affection toute particulière pour les flous nets. Pas que ça me gêne : j’adore aussi haha).

Mais Mirror of the Witch n’a pas seulement réussi ses tours de magie. Il a réussi l’un des meilleurs méchants de l’histoire des dramas. Je pourrais écrire des pavés sur la complexité de Hong Joo (Yum Jung-Ah). Qu’on parle de ses motivations, de sa relation avec Choi Hyun Seo (incroyable), de ses manipulations toujours lacées de grandes vérités… Je pourrais m’étendre sur le pur bonheur de la haïr, d’avoir pitié d’elle, de la comprendre et même de ne pas complètement lui en vouloir. Des costumes splendides, un jeu d’actrice formidable, chaque scène valait le coup même si elle est le seul personnage à ne pas changer (pour les meilleures raisons du monde). [SPOIL] Coincée dans son passé de femme violée, dans sa souffrance et son impuissance, c’est logique qu’elle ne bouge pas. Elle ne peut pas renoncer à une vengeance qui constitue le seul but de son existence. J’ai d’ailleurs trouvé la dernière scène incroyable de puissance. Entre son monologue, sa colère de voir le regard de pitié de Hyun Seo (je crois que sans cela, elle aurait peut-être pu se laisser l’aimer.). Et le dernier regard qu’ils échangent avant de partir en flammes… Inoubliable. [/SPOIL]

Autre réussite absolue de ce drama : Yoon Shi Yoon. Je n’ai jamais détesté l’acteur mais il était souvent surpassé par ses collègues à l’écran (Joo Won dans King of Baking, Go Gyeong Pyo dans Flower Boy Next Door…). Je sortais du drama et je me souvenais mieux des autres que de lui (à l’exception de Me Too, Flower !).

Mais alors là… Son service militaire a l’air de lui avoir donné la maturité dont il avait besoin. Tout le drama, il a été juste. Jamais dans l’exagération, jamais dans les larmes… Pourtant son rôle n’était pas facile à rendre charismatique je pense. Heo Jun est loin d’être le personnage le plus intéressant sur le papier. Dévoué, son rôle se limite a défendre Yeon Hui corps et âme. Mais il n’est pas pour autant le chevalier en armure ou un robin des bois. Juste un homme qui s’est retrouvé par hasard entraîné dans un conflit qui le dépasse. C’est quelque chose de très simple. On est loin du héros riche et froid, ou du héros au passé horrible qui tient à prendre sa revanche. Heo Jun est pragmatique et ne perd jamais de vue l’important et ce n’est pas facile de rendre cela séduisant à l’écran.

Mirror of the Witch a même réussi la romance. Et pourtant, ça partait mal ! Avec le scandale de l’écart d’âge indécent entre nos deux héros, on se demandait ce qui leur avait pris de faire un casting pareil. Nos deux tourtereaux ont, et oui, 14 ans d’écart ! Ce qui fait que Kim Sae Ron est d’ailleurs encore mineure du haut de ses 16 ans. Or, on sait combien les dramas sont déjà prudes avec des adultes consentants…

J’appréhendais un peu – même si Yoon Shi Yoon a l’air très jeune et Kim Sae Ron a l’expérience pour la faire paraître un peu plus vieille… la réussite de l’affaire allait vraiment dépendre du drama. J’ai été très agréablement surprise. On est dans une romance complètement platonique de A à Z mais la manière dont les choses sont filmées fait que de petits contacts physique suffisent à montrer l’ampleur de l’affection que peut avoir Kim Sae Ron avec ses hommes. C’est extrêmement bien fait et je me suis souvent fait la réflexion que la romance de Mirror of the Witch paraissait même plus sincère que beaucoup d’autres romances où les personnages s’embrassent (ou couchent ensemble si on s’égare du côté des séries occidentales).

Kim Sae Ron a été excellente dans le rôle de Yeon Hee. Peut-être qu’une autre actrice aurait pu lui donner encore plus d’épaisseur… peut-être pas. Sa jeunesse faisait beaucoup car Yeon Hee EST jeune. Mais pour arriver à jouer la maturité du personnage en ayant vraiment cet âge, il fallait avoir le nombre de projets qu’à Kim Sae Ron sous la ceinture. Yeon Hee était un joli personnage et je suis contente qu’elle se soit autant affirmée tout au long du drama. J’avais peur qu’elle ne soit qu’une demoiselle en détresse mais elle a souvent pris les choses en main pour le plus grand bien de l’histoire.

Autre révélation : Kwak Si Yang dans le rôle de Poong Yeon. Il a toujours été bon dans la bonne petite liste de dramas qu’il commence à avoir sous le bras. Mais il jouait toujours des rôles de jeune premier, des seconds rôles de beau gosse ou des caméos très rapides. Là, Kwak Si Yang éclot et se transforme, d’acteur sympathique, à acteur qu’il faut vraiment prendre au sérieux. Il a su passer des larmes, au rire, à l’émotion, au cœur brisé, au zombie, à la haine, à la douleur… Un second rôle comme on en voit rarement. J’ai trouvé dommage qu’on aille pas plus loin dans sa relation avec Sol-Gae. [SPOIL] Sa mort est tellement triste ! On a l’impression qu’elle meurt pour rien. Surtout qu’elle précipite Poong Yeon au bord du gouffre… Ça m’a vraiment fait de la peine mais c’était aussi très réaliste. La mort est rarement un arc narratif dans la vraie vie… [/SPOIL] Et sa relation avec Yeon Hee : une merveille. Loin des clichés dramatiques qu’on peut nous servir d’habitude, le triangle amoureux a été exploré d’une toute autre manière.

Dans les rôles vraiment très secondaires (mais en même temps très présents), Lee Yi Kyung dans le rôle du moine Yo Gwang m’a vraiment touchée. Le dernier épisode m’a fait chaud au coeur et il était extrêmement attachant. Cela dit, qu’il s’agisse de lui, de la reine maudite (qui pour le coup m’a bien agacée une ou deux fois par son égoïsme sans fin), ou de la dynamique Soon Deuk, personne n’a eu le charisme du roi Sunjo incarné par Lee Ji Hoon.

J’aime vraiment beaucoup cet acteur. Il ne joue pour l’instant que des seconds rôles, mais à chaque fois je me souviens de ses personnages. Il m’avait fait fondre dans School 2013. Il est extrêmement charismatique dans Six Flying Dragons (alors qu’il est quand même au beau milieu d’un casting de stars incroyablement charismatiques. Il y a quelque chose chez ce jeune homme…) Et là, en roi torturé, assourdi de douleur et de pression… juste respect. Hâte qu’il ait un rôle principal. Il le mérite, et je suis à peu près sûre qu’il serait excellent.

Mention spéciale aussi à la bande sonore de Mirror of the Witch (drama auquel j’ai décidément du mal à trouver des défauts). Les instrumentales étaient très belles. Il y en a une, un peu humoristique qui me faisait bien rire dès qu’il y avait le demi-frère de Heo Jun et la musique associée à la magie noire était glaçante.

Bref, je le répète : Wouahou.


En deux lignes

Les + Un univers fabuleux, un super casting, une histoire prenante.

Les – Des petites répétitions dans le scénario


Votre avis ?